À l’occasion du 53ᵉ Congrès annuel Mobil’in Pulse, tenu les 20 et 21 janvier 2026 au Beffroi de Montrouge (France), l’Autorité de Régulation du Transport Intérieur (ARTI) a porté une contribution remarquée aux réflexions sur l’avenir des mobilités africaines. Le Président du Conseil de Régulation (PCR), Monsieur Albéric Kacou, est intervenu à la fois lors d’une session thématique consacrée à la régulation du transport urbain en Afrique et au cours d’un panel dédié aux opportunités d’investissement dans les mobilités sur le continent.
Dans son intervention du 21 janvier 2026, le Président du Conseil de Régulation de l’ARTI a rappelé que la mobilité urbaine en Afrique n’est plus un simple enjeu technique, mais un facteur déterminant de qualité de vie, de compétitivité économique et de cohésion sociale. La croissance urbaine rapide, la multiplication des acteurs (bus, taxis, VTC, transport informel, fret urbain) et la congestion chronique imposent une réponse structurée : la régulation.
Selon la vision défendue par l’ARTI, la régulation ne consiste pas à gérer les véhicules individuellement, mais à permettre d’organiser un véritable service urbain de mobilité. Cette vision repose sur trois piliers : mettre l’usager au centre du système, garantir une concurrence loyale entre opérateurs, et piloter le secteur par la performance, à travers des indicateurs mesurables et transparents. La régulation se veut ainsi neutre sur le plan technologique, tout en étant exigeante sur les résultats.
S’agissant du transport urbain de personnes, l’ARTI a engagé plusieurs actions structurantes visant à professionnaliser le secteur. Il s’agit notamment de l’encadrement de l’accès au marché par les titres professionnels, du renforcement des exigences techniques et assurantielles, de l’accompagnement au contrôle de la conformité des véhicules et des conducteurs, ainsi que de la normalisation progressive des conditions d’exploitation. L’objectif clairement affirmé n’est pas l’exclusion, mais la montée en qualité et en sécurité des services offerts aux usagers.
La régulation urbaine ne saurait toutefois se limiter au transport de personnes. Le transport urbain de marchandises, et en particulier la logistique du dernier kilomètre, constitue un enjeu majeur pour la fluidité des villes. Congestion liée aux livraisons, occupation anarchique de l’espace public et faible traçabilité des flux sont autant de défis identifiés. À cet égard, l’ARTI contribue à la structuration du fret urbain à travers le référencement des transporteurs, le suivi des flux, notamment via la Bourse de fret, et la coordination avec les autorités urbaines (AMUGA) et les forces de contrôle (PSSR). Une régulation efficace des flux de marchandises apparaît ainsi comme un levier direct de compétitivité et de performance urbaine.
Le panel du 22 janvier 2026, consacré aux opportunités dans les mobilités en Afrique, a permis au PCR de l’ARTI de repositionner la régulation comme une infrastructure invisible de confiance pour les investisseurs et les bailleurs. Le message est clair : les capitaux ne fuient pas l’Afrique, mais l’imprévisibilité réglementaire. Dans un contexte de forte demande de mobilité, le véritable différenciateur entre les pays réside dans la qualité et la stabilité du cadre réglementaire.
La régulation moderne repose ainsi sur un actif central : la donnée. Registres des opérateurs et des véhicules, bases de données sectorielles et tableaux de bord de performance permettent de réduire l’asymétrie d’information, d’améliorer l’évaluation des risques et de renforcer la bancabilité des projets de mobilité.
À travers l’ARTI, la Côte d’Ivoire fait le choix d’un régulateur fort, lisible et redevable, fondé sur une séparation claire des rôles : l’État définit la politique publique, le régulateur fixe les règles et contrôle la performance, les opérateurs assurent l’exploitation et les collectivités organisent la mobilité au niveau territorial. Ce cadre envoie un signal fort de stabilité, de continuité et de professionnalisation aux partenaires techniques et financiers. En conclusion, la participation de l’ARTI au Congrès Mobil’in Pulse illustre une conviction forte : la régulation du transport urbain est un levier de développement durable, protégeant l’usager, sécurisant l’investissement privé et améliorant la performance économique des villes africaines. Comme l’a résumé le PCR, « la meilleure politique d’attractivité des investissements dans les mobilités africaines demeure une régulation claire, stable et mesurable ».



